Cacao : Le kilogramme chute sous les 1 500 FCFA à quatre mois de la fin de saison

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La campagne cacaoyère 2025-2026 s’annonce comme celle du retour à la réalité pour les producteurs camerounais. Après avoir tutoyé des sommets vertigineux, les prix d’achat bord champ se sont effondrés, se situant désormais sous le seuil des 1 500 FCFA le kilogramme.

Alors que la campagne 2025-2026 entre dans sa dernière ligne droite, la clôture théorique étant fixée au 15 juillet prochain, les espoirs de prix records se sont envolés. Selon les données du Système d’Information des Filières (SIF), le kilogramme de fèves se négociait, au 13 avril 2026, dans une fourchette comprise entre 1 300 et 1 450 FCFA.

Ce niveau de prix marque une rupture nette avec l’euphorie des deux dernières saisons. Pour rappel, les producteurs avaient atteint un maximum de 5 400 FCFA/kg lors de la campagne précédente, et avaient même connu un pic historique à 6 000 FCFA/kg au cours de la saison 2023-2024.

Aujourd’hui, le marché local affiche des tarifs trois à quatre fois inférieurs à ces sommets. Cette dégringolade vient contredire les prévisions initiales des autorités camerounaises. Lors du lancement de la saison, le gouvernement, optimiste face à l’embellie persistante, tablait sur une fourchette de prix aux producteurs oscillant entre 3 200 et 5 400 FCFA.

Comment expliquer un tel retournement de situation ? Les analystes des marchés de matières premières pointent du doigt la fin du déficit de l’offre. Après trois campagnes marquées par une pénurie de fèves, la production mondiale repart à la hausse.

Selon l’Organisation Internationale du Cacao (ICCO), ce redressement de l’offre globale, amorcé durant la saison 2024-2025, se confirme et s’amplifie. Le retour annoncé d’un excédent de production crée une pression baissière mécanique sur les cours internationaux, laquelle se répercute directement dans les centres de collecte à Mbam-et-Inoubou et dans les autres bassins du pays.

À quatre mois de la fin de la campagne, l’espoir d’un rebond significatif semble mince. Les analystes prévoient que cet excédent de production continuera de peser sur les cours tout au long de l’année 2026. Pour les planteurs camerounais, qui s’étaient habitués à des revenus exceptionnels, l’heure est désormais à la gestion d’une conjoncture internationale nettement moins favorable.

Françoise ESSONO

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