Energie électrique : Des problèmes de production à la distribution affectent le réseau

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Le Cameroun dispose d’une capacité de production électrique suffisante pour couvrir la demande, avec une offre de 1 536 MW contre une demande de 1 206 MW. Cependant, les délestages persistent dans plusieurs localités en raison de contraintes structurelles qui touchent la production, le transport et la distribution.

Gaston Eloundou Essomba, ministre de l’Eau et de l’Énergie, a présenté devant le secteur privé à Douala le 22 janvier, que la capacité de production du Réseau interconnecté Sud (RIS) s’élevait à 1 536 MW. Cette production se composait de 1 365 MW provenant principalement de l’hydroélectricité et du gaz, et de 171 MW générés à partir du fuel. D’autre part, la demande est évaluée à 1 206 MW. Idéalement, l’offre surpasse la demande, évitant ainsi un recours intensif à la production thermique.

Malgré la bonne capacité de production du Réseau interconnecté Sud (RIS), les délestages continuent d’être persistant dans plusieurs localités du Cameroun. La cause tient à un faisceau de contraintes structurelles qui touchent simultanément la production, le transport et la distribution. Le faible niveau de précipitations enregistré récemment a diminué la capacité de remplissage des réservoirs, avec un manque évalué à 3 milliards de m³ d’eau. Cette contrainte nécessite une administration rigoureuse des stocks existants et restreint de manière inévitable la production d’hydroélectricité.

À Nachtigal, le débit enregistré est approximativement de 650 m³/s, générant ainsi 260 MW, contrairement aux 420 MW prévus. À Songloulou, un débit de 900 m³/s équivaut à 320 MW, ce qui est en dessous des 384 MW prévus. À Memve’ele, la production chute à 100 MW avec un débit de 250 m³/s, bien en dessous des 211 MW prévus. En plus de ces contraintes hydrologiques, des interruptions d’opérations dues à un manque d’entretien, en particulier dans certaines installations telles que la Kribi Power Development Company (KPDC), diminuent la disponibilité de l’énergie globale.

Les problèmes de transport et de distribution

Le transport représente un autre point de congestion. Sur l’axe Édéa-Douala, la limite de transit maximal est fixée à 540 MW, tandis que le besoin en énergie est de 671 MW, malgré une disponibilité de 811 MW. Cette discordance entrave la distribution efficace de l’électricité vers les régions à forte consommation. Des engorgements surviennent régulièrement dans plusieurs zones clés notamment Bekoko, Makepe, Deido ou Koumassi.

Pour maintenir la continuité du service, le gestionnaire du système recourt plus souvent aux centrales thermiques au fuel, malgré leur coût élevé. Le gouvernement a engagé des réformes structurelles à travers le Compact énergétique national, développé dans le cadre de l’initiative Mission 300, pour améliorer la production, renforcer le réseau et sécuriser l’approvisionnement.

Un défi pour le développement économique

En ce qui concerne la distribution, on observe une accumulation de vulnérabilités : des poteaux en bois qui tombent, une surcharge des transformateurs de moyenne et basse tension, ainsi que l’engorgement de certaines lignes. Ces événements entraînent des pertes et des désajustements localisés, surtout dans les grandes villes. Afin d’assurer la continuité des opérations, le gestionnaire du système privilégie de plus en plus les centrales thermiques au fuel, et ce malgré leur coût important : leur coût mensuel opérationnel est estimé à 5,5 milliards de FCFA par mois, dans un secteur déjà affaibli par des problèmes de liquidités et des dettes impayées.

Les défis du système électrique camerounais sont importants, mais les efforts du gouvernement et des acteurs du secteur sont nécessaires pour soutenir le développement économique du pays. La résolution de ces problèmes permettra de réduire les délestages et d’améliorer la qualité de l’électricité pour les populations et les entreprises.

Françoise ESSONO

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