Gouvernance des aires protégées : Vers une bonne gouvernance des aires protégées et autres aires de conservation

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La Giz a publié en octobre 2017 une étude sur l’analyse des modèles de gouvernance des aires protégées et autres aires de conservation menée par Martial NKOLO, Danièle FOUTH et Paul SCHOLTE. Elle s’inscrit dans une dynamique descriptive et analytique des modèles de gouvernance des aires protégées et autres aires de conservation en Afrique, à travers les expériences pratiques des projets et programmes de la GIZ sur le continent africain en général, et spécifiquement en Afrique Centrale.

Cette étude a permis de mettre en évidence le renforcement des capacités des acteurs, la délimitation des espaces pour usage Communautaire ainsi que l’amélioration de la conservation et de la gestion durable des Services écosystémiques.

L’analyse des expériences pratiques s’est ensuite faite dans le chapitre 3 autour de 4 points Principaux : les détenteurs de droits et porteurs d’intérêt, le mode d’organisation des communautés locales et leur niveau d’implication, le type d’instrument juridique et enfin les organes de gouvernance et de prise de décision. Au terme de cette étape une typologie des modèles de gouvernance des études de cas a été faite. Ainsi, si l’on se réfère à la typologie de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) qui identifie 4 principaux modèles de gouvernance des aires protégées, la particularité de cette analyse a consisté à catégoriser les différentes expériences, qui ont permis de mettre en exergue le fait qu’il existe 03 systèmes de gouvernance. Ces différents modèles ont été regroupés ainsi qu’il suit : la gouvernance gouvernementale; la gouvernance partagée et la gouvernance par les communautés.

Les différentes expériences sont issues du Cameroun, du Tchad, de Madagascar, de la Côte d’Ivoire, de la RCA et du processus transfrontaliers accompagnés par la Commission des Forêts d’Afrique Centrale, notamment les complexes BSB Yamoussa (binational Sena Oura- Bouba Ndjida) entre la RCA et les Républiques du Cameroun et du Congo.

Notons que cette étude est la somme de la capitalisation de trente (30) années des expériences de terrain de la coopération allemande dans le processus de gouvernance des aires protégées en Afrique Centrale. Il s‘agit donc de 25 expériences pratiques qui ont été analysées, sur la base des questionnaires d’enquêtes remplis par les membres du groupe de travail du réseau sectoriel GIZ(SNRD) notamment le changement Climatique, les Moyens de Subsistance et Gestion des Ressources Naturelles.

Gestion des aires protégées en Afrique : vers un dialogue multisectoriel sans laisser personne de côté.

Au regard des 3 modèles de gouvernance mis en exergue au moment de la réalisation de l’étude, il ressort que les aires protégées en Afrique en général et en Afrique Centrale en particulier, témoignent d’une gestion que l’on pourrait améliorer. Et ce, parce que ces aires protégées ont un important capital de richesse naturelle qui, s’il est durablement protégé et géré, pourrait efficacement contribuer au développement socio-économique de la région concernée.

La conservation des aires protégées est une nécessité, car leur destruction a des effets néfastes sur la vie de l’homme qui vit autour et parfois à l’intérieur de ces aires protégées. De fait, les récents exemples de destruction des ressources naturelles et d’hostilité latente face à la conservation des aires protégées sont la démonstration que les modèles de gouvernance des aires protégées ont été réalisés sans tenir compte des préoccupations des communautés locales.

Pour éviter les situations conflictuelles, l’aménagement et la gestion des aires protégées doivent être mis sur pieds suivant un paradigme inclusif, fondé sur les besoins exprimés par les communautés en les associant à la conception, à la création et à la gestion des aires protégées. Toutefois, les mécanismes de gestion inclusive doivent être adaptés aux différentes situations et réalités locales.

Au niveau local, il est essentiel que chaque pays ait recours à des réformes institutionnelles qui devraient être en adéquation avec les objectifs de développement durable. L’action des organisations nationales et internationales doit se poursuivre à travers la sensibilisation auprès de toutes les couches sur la nécessité de protéger les aires protégées, en insistant sur leur apport au développement socio-économique à la fois des communautés rurales riveraines souvent très pauvres et de l’Etat.

Notons que ce document a été produit dans un contexte, considérablement agité par les crises sanitaires et sécuritaires, où gouvernance et gestion des aires protégées se posent comme des questions capitales. Et ce, par rapport à la gestion et à l’administration des ressources naturelles à l’intérieur et autour des parcs et autres aires de conservation, à la régulation des pratiques traditionnelles d’exploitation et à la sensibilisation vers l’adoption de nouvelles politiques de médiation adaptées aux modalités de gouvernance des territoires introduites par les nouvelles pratiques inclusives de gouvernance conçues et progressivement mises en œuvre.

Rappelons que les aires protégées constituent des systèmes de gestion à mettre au cœur de toute décision d’aménagement du territoire et d’exploitation des ressources naturelles. La mise sur pieds des partenariats public-privé se pose comme bénéfique car, elle pourrait jouer un rôle remarquable dans l’amélioration et la régulation de la gestion des aires protégées, grâce à une disponibilité efficace des moyens financiers et humain permanents, et l’inclusion des populations locales, à travers des dialogues et des accords, voire la création d’emplois.

Baltazar ATANGANA

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