Prévention des pandémies : Près de 104,8 milliards de FCFA pour renforcer la riposte

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Le Cameroun entend mieux se préparer aux futures pandémies. Le ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, a procédé le 29 juillet 2026, à Yaoundé, au lancement officiel du projet intitulé « Renforcement des capacités du Cameroun en matière de prévention, de préparation et de réponse aux pandémies selon l’approche Une Seule Santé ». Cette cérémonie marque le passage de la phase de préparation à celle de la mise en œuvre opérationnelle d’un programme stratégique destiné à consolider durablement la sécurité sanitaire nationale.

Le Cameroun renforce son dispositif de sécurité sanitaire avec le lancement officiel d’un projet de prévention, de préparation et de riposte aux pandémies financé par le Pandemic Fund. Dotée d’un budget global d’environ 104,8 milliards de FCFA, cette initiative, fondée sur l’approche « Une Seule Santé », vise à améliorer la détection des épidémies et la capacité de réponse du pays face aux futures menaces sanitaires.

Cette initiative est née des enseignements tirés des crises sanitaires récentes, notamment la pandémie de Covid-19 et les différentes flambées épidémiques qui ont mis en évidence les insuffisances des systèmes de santé. Face à ces défis, le Cameroun a soumis une proposition de financement au Pandemic Fund, qu’il a obtenue en 2025 grâce à une démarche multisectorielle et participative. Le lancement officiel ouvre désormais la voie à la réalisation concrète des activités prévues dans l’ensemble du territoire national.

Le projet représente un investissement global d’environ 104,8 milliards de FCFA, dont 15,4 milliards de FCFA apportés par le Pandemic Fund, 73,6 milliards de FCFA mobilisés auprès des partenaires au titre du cofinancement et 15,7 milliards de FCFA financés par l’État du Cameroun. Sa mise en œuvre, prévue sur la période 2026-2029, bénéficiera de l’appui de la Banque mondiale, de la FAO et de l’UNICEF, qui accompagneront le gouvernement sur les plans technique, fiduciaire et financier.

L’objectif principal est de renforcer les capacités nationales de prévention, de détection et de réponse aux urgences sanitaires en s’appuyant sur l’approche « Une Seule Santé », qui favorise une collaboration étroite entre les secteurs de la santé humaine, de la santé animale et de l’environnement. Le projet s’inscrit également dans la cible internationale 7-1-7, qui consiste à détecter une flambée épidémique en sept jours, la notifier aux autorités compétentes en un jour, puis mettre en œuvre les premières mesures de riposte dans les sept jours suivants.

Pour atteindre ces objectifs, six axes d’intervention ont été retenus. Il s’agit du renforcement des systèmes de surveillance et d’alerte précoce, de la modernisation des laboratoires de santé publique, du développement des ressources humaines et des capacités des agents de santé communautaire, de l’amélioration de la coordination entre les différents acteurs, du renforcement du Centre de coordination des opérations des urgences de santé publique (CCOUSP) ainsi que de la mobilisation stratégique des ressources financières.

Le projet sera mis en œuvre dans les dix régions du Cameroun avec une attention particulière portée à 42 communes prioritaires identifiées en raison de leur vulnérabilité ou de leur position stratégique. Les interventions concerneront notamment des communes frontalières, des zones urbaines fortement peuplées ainsi que des localités exposées aux risques de transmission des maladies entre l’homme, les animaux et l’environnement.

La gouvernance du projet reposera sur plusieurs instances complémentaires, notamment un comité de pilotage chargé des orientations stratégiques, un comité technique multisectoriel, une unité de gestion du projet, le Programme national de prévention et de lutte contre les zoonoses émergentes et ré-émergentes (PNPLZER) ainsi que le CCOUSP, qui assurera la coordination opérationnelle des interventions d’urgence sanitaire. Plusieurs ministères, dont ceux de la Santé publique, de l’Élevage, de l’Agriculture, de l’Environnement et des Forêts, travailleront de concert avec les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations de la société civile.

À terme, les autorités espèrent améliorer sensiblement la détection précoce des maladies à potentiel épidémique, renforcer les capacités nationales de diagnostic, accélérer le déploiement des équipes d’intervention sur le terrain et mieux coordonner les réponses aux urgences sanitaires. L’ambition affichée est de rendre le système de santé camerounais plus résilient face aux futures pandémies tout en contribuant au renforcement de la sécurité sanitaire régionale et mondiale.

Créé en 2022 à l’initiative des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du G20, le Pandemic Fund est le premier mécanisme multilatéral exclusivement dédié au financement de la prévention, de la préparation et de la riposte aux pandémies. Hébergé par le Groupe de la Banque mondiale, il a déjà mobilisé près de 918,3 milliards de FCFA de subventions, générant plus de 6 559 milliards de FCFA de cofinancements au bénéfice de 128 pays répartis dans six régions du monde. À travers ce nouveau projet, le Cameroun rejoint les pays bénéficiaires de ce mécanisme international, qui vise à renforcer durablement les systèmes de santé et à améliorer leur capacité à faire face aux menaces sanitaires émergentes.

Albert BOMBA 

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