
Le gouvernement camerounais durcit le ton contre le non-reversement des redevances pétrolières. Depuis le 12 mars 2026, sept sociétés de distribution, dont Neptune Oil et Bocom, sont sous le coup d’une suspension de réception de leurs cargaisons à la Sonara. En cause : des irrégularités massives sur les trop-perçus et les fonds de soutien à la raffinerie.
La décision est tombée via une correspondance de Zang Martial Velery, président de la plateforme de validation des manques à gagner. Le message adressé à la Société nationale de raffinage (Sonara) est sans équivoque : suspendre toute opération de réception de navires affrétés par les marketers incriminés.
Les sept entreprises dans le viseur des autorités sont Neptune Oil, Planet Petroleum, Bocom Petroleum, Africa Petroleum, Alpha Oil, Gulfcam et Nickel Œil. Tant que ces opérateurs n’auront pas régularisé leur situation financière vis-à-vis du Trésor public, leurs importations resteront bloquées au large, menaçant directement leur chaîne d’approvisionnement.
Le mécanisme du litige : Trop-perçus et manques à gagner
Pour comprendre ce conflit, il faut plonger dans la structure complexe des prix des carburants au Cameroun, où les tarifs à la pompe sont administrés par l’état. Si le coût d’importation (achat, fret, taxes) est supérieur au prix de vente fixé par l’État, ce dernier subventionne l’importateur. À l’inverse, si le prix international baisse et que le coût de revient devient inférieur au prix de vente local, l’opérateur dégage une plus-value.
Selon les autorités, les sept sociétés visées auraient conservé ces trop-perçus au lieu de les reverser intégralement à l’État, créant ainsi un déséquilibre dans les comptes publics.
La ligne Sonara : 479 milliards de FCFA en jeu
Le grief le plus sérieux porte sur le fonds de soutien à la Sonara. Mis en place après l’incendie de 2019 pour apurer une dette colossale de 1 000 milliards de FCFA, ce mécanisme repose sur un prélèvement de 47,88 FCFA par litre payé par le consommateur à la pompe.
L’État soupçonne ces marketers de collecter cette taxe auprès des citoyens sans la reverser à la raffinerie. Le 31 octobre 2025, la collecte globale atteignait déjà 479 milliards de FCFA. Le défaut de reversement par certains acteurs privés fragilise directement la stratégie de relance de l’unique raffinerie du pays. Selon les données publiées par les autorités environ 270 milliards de FCFA collectés au 30 septembre 2023, 353 milliards au 31 octobre 2024 et 479 milliards au 31 octobre 2025.
Un signal fort pour la discipline budgétaire
C’est un tournant décisif dans la gestion du secteur pétrolier au Cameroun. En traitant les obligations déclaratives comme non négociables, l’État camerounais cherche à sécuriser ses recettes dans un contexte de forte pression sur les subventions aux carburants.
Pour l’heure, le montant exact de l’ardoise réclamée à ces sept sociétés reste confidentiel, et aucune de ces entreprises n’a encore officiellement communiqué sur d’éventuelles démarches de régularisation.
Jean NDI



















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