Filière Bananière : Le Cameroun enregistre une croissance de 22,4 % en mars 2026

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L’embellie se confirme pour la filière banane camerounaise. Selon les dernières statistiques compilées par l’Association bananière du Cameroun (Assobacam), le mois de mars 2026 s’est achevé sur une note particulièrement positive pour les exportateurs nationaux. Avec une cargaison globale de 23 977 tonnes expédiées vers le marché international, la filière enregistre une progression significative de 22,4 % par rapport à la même période l’année précédente, soit un surplus de 4 392 tonnes en glissement annuel.

Cette dynamique haussière repose essentiellement sur la puissance de frappe de la Société des Plantations du Haut Penja (PHP). Véritable locomotive du secteur, la première filiale du groupe français Compagnie Fruitière de Marseille a vu ses exportations bondir de près de 30 %. En mars 2026, la PHP a mis sur le marché 17 850 tonnes, consolidant ainsi son leadership historique sur le sol camerounais.

Le groupe français ne s’arrête pas là. Sa nouvelle entité, la Compagnie des bananes de Mondoni (CDBM), affiche la croissance la plus spectaculaire du mois avec une hausse de 76,8 % de ses volumes. En intégrant les actifs de Boh Plantations Plc, autrefois unique opérateur privé à capitaux nationaux, le géant de Marseille contrôle désormais plus de 84 % du volume total des exportations camerounaises. Cette concentration industrielle souligne la capacité de résilience et d’investissement des acteurs privés face aux exigences du marché mondial.

La CDC : Un géant public aux pieds d’argile

À l’inverse, la situation de la Cameroon Development Corporation (CDC) reste contrastée. Certes, l’entreprise publique affiche une progression de 7,6 % de ses ventes internationales (3 822 tonnes), réalisant ainsi l’une de ses meilleures performances depuis quinze mois. Toutefois, ce chiffre peine à masquer une réalité structurelle plus sombre : la barre symbolique des 5 000 tonnes mensuelles demeure infranchissable pour l’agro-industriel d’État.

Le poids de la crise sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest continue de peser lourdement sur l’outil de production. Près de six ans après la reprise de ses activités, la CDC porte encore les stigmates des violences séparatistes qui avaient forcé l’arrêt de ses plantations entre 2018 et 2020. Malgré le soutien financier régulier du gouvernement, la remontée en puissance de ce fleuron national s’avère lente et laborieuse.

Un levier économique stratégique pour le Cameroun

Au-delà des performances individuelles des entreprises, ces résultats confirment la place prépondérante de la banane dans la balance commerciale du pays. Source vitale de devises, la filière a généré en 2025 des recettes d’exportation s’élevant à 67,7 milliards de FCFA.

Selon l’Institut National de la Statistique (INS), ces revenus ont connu une envolée spectaculaire de plus de 84 % en un an. Dans un contexte de diversification de l’économie, la filière bananière démontre qu’elle reste un pilier de la résilience macroéconomique du Cameroun, portée par un secteur privé dynamique, alors que le pôle public cherche encore son second souffle.

Françoise ESSONO 

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