Elevage des porcs: Vers le lancement du projet de développement de la filière porcine au Cameroun

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L’on s’achemine vers le lancement du Projet consulaire pour le développement de la porciculture au Cameroun (Proporc) ; une initiative créée en juin 2022 par la Chambre d’agriculture, des pêches, de l’élevage et des forêts du Cameroun (Capef). C’est en tous cas, les révélations de Matin Paul Mindjos Momeny qui intervenait à la télévision nationale dimanche dernier. « Je pense que nous sommes au terme des études de montages de projet. En 2024, nous allons réaliser avec notre partenaire, les premières fermes…Nous allons construire à peu près 20 fermes pour la filière porcine », a-t-il rassuré.

Pour le moment, l’on ignore le budget qui sera alloué pour la réalisation de ce projet encore moins l’origine des fonds. L’on sait tout de même que c’est la firme allemande Big Dutchman International GmbH qui sera le maître d’œuvre. L’entreprise qualifiée de « leader mondial » dans le développement des systèmes d’alimentation et des équipements pour l’élevage moderne des porcs et volailles, avait signé une convention y relative en décembre 2022. Sa mission étant d’implémenter au Cameroun, des fermes modernes d’élevage porcin selon les normes et règlementations internationales.

Si ce projet n’essuie pas un échec comme celui de la création d’une microfinance agricole initié en 2015 puis mort en 2019 faute d’obtention d’agrément par la Cobac, l’on pourrait espérer dans les années à venir, un visage des plus reluisants de la filière porcine qui fait face à de nombreuses difficultés dont celle de l’encadrement. De l’aveu du président de la Capef, le secteur porcin n’est pas aussi organisé que le domaine avicole où l’on distingue plus ou moins l’activité de production des poussins de celle des aliments ou encore l’activité de production des poulets de transformation, aux commerçants, etc.

L’un des défis majeurs serait surtout d’accroître la productivité pour satisfaire à la demande estimée à 75 000 tonnes. En 2021, le Cameroun a produit 44 105 tonnes soit un gap de plus de 30 000 tonnes qu’il faut encore combler. Selon l’interprofession des éleveurs de porcs de l’Ouest citée par l’INS, l’épizootie susmentionnée a provoqué l’abattage de 90 000 porcs en l’espace de trois mois, soit 22,5% du cheptel recensé dans cette partie du Cameroun.

C’est pour prévenir voire limiter des pertes de cet acabit qu’il est donc nécessaire de disposer des infrastructures d’élevage de pointe. Selon la loi de l’offre et de la demande, en augmentant la capacité de production, l’on pourrait s’attendre à une baisse des prix du kilogramme de la viande de porc actuellement hissé à minimum 3 000 Fcfa ; un prix qui n’est toujours pas à la portée du consommateur aux revenus moyens.

Pour l’heure, on n’a pas une idée des localités où seront construites les premières fermes. Mais il convient de souligner que la région du Nord-Ouest, bien qu’en crise depuis 2016,  a produit en 2020 et 2021, la plus grande quantité de la viande de porc au Cameroun. Toutefois, par rapport aux 13 403 t produites en 2020, le Nord-Ouest affiche 12 234 t un an après (-9%). Le même recul est observé dans le Nord en 2021 avec 2 269 t (-39%) ou encore le Centre, 7 184 t (-14%).

Source : EcoMatin

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