Energie : Le prix du Gaz naturel liquéfié explose à 304,2 milliards de FCFA

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Selon les données de la douane française, citées dans un rapport de la direction générale du Trésor du ministère français de l’Économie, l’Hexagone a effectué dans les pays de la zone Cemac des importations globales à hauteur de 966 millions d’euros au cours du premier semestre 2023, soit l’équivalent de 633,6 milliards de FCFA.

Ces achats en hausse de 82,6 millions d’euros soit 54,2 milliards de FCFA, en glissement annuel, apprend-on, ont été principalement dopés par le gaz naturel acheté au Cameroun. « Cette augmentation découle principalement de la progression des achats d’hydrocarbures (+89 millions d’euros, soit 58,4 milliards de FCFA), qui représentent, en valeur, un peu plus de 3/4 des importations de la France en zone Cemac, au cours du premier semestre 2023. Cet accroissement des importations d’hydrocarbures (pétrole brut, gaz naturel liquéfié et condensats de gaz) relève principalement de la hausse des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) depuis le Cameroun, dont le montant a atteint 463,8 millions d’euros (304,2 milliards de FCFA) » révèle la direction générale du Trésor français.

Selon le journal Investir au Cameroun, la France a sur les six premiers mois de l’année 2023 déjà dépassé de 108 milliards de FCFA le montant injecté au cours de l’année 2022 dans les achats de gaz naturel liquéfié produit au Cameroun. En effet, selon les données de la direction générale du Trésor du ministère français de l’Économie, en 2022, les importations de GNL en provenance du Cameroun avaient culminé à seulement 196,2 milliards de FCFA.

Pour le journal Investir au Cameroun, il est fort probable que la France se soit tournée vers le Cameroun pour substituer une partie de ses importations de gaz naturel en provenance de la Russie, pays frappé par un embargo après l’invasion de l’Ukraine en février 2022. Cette hypothèse est d’autant plus plausible que c’est Perenco, un groupe pétro-gazier français, qui est le leader au Cameroun, dans la production des hydrocarbures, dont le gaz naturel liquéfié.

Nouveaux débouchés

En effet, l’on se souvient que le 12 mars 2018, dans le cadre d’un consortium avec la Société nationale des hydrocarbures (SNH), le bras séculier de l’État du Cameroun dans l’exploration et l’exploitation pétro-gazière, et Golar LNG, constructeur de plateformes flottantes de liquéfaction de GNL, Perenco a démarré au large de la cité balnéaire de Kribi, dans le Sud du Cameroun, la production du GNL à partir d’une unité flottante de liquéfaction.

Cette infrastructure, la 2e au monde après celle installée en Malaisie en 2017, permettait ainsi au Cameroun d’intégrer le cercle restreint des producteurs et exportateurs de gaz naturel. Baptisé Hilli Episeyo, le navire flottant opérationnel au large de Kribi, dont la production initiale de GNL atteignait déjà 1,2 million de tonnes (elle est projetée à 1,6 million de tonnes en 2023), approvisionnait exclusivement le marché asiatique entre 2018 et 2019 (Chine, Inde, etc.).

La SNH indique dans un communiqué officiel sur l’exploitation pétro-gazière au Cameroun, au cours du premier trimestre 2020 que « le GNL camerounais a de nouvelles destinations, à savoir la Thaïlande et le Pakistan. Il a également été exporté pour la première fois en Corée du Sud, au Koweït et en Turquie au cours du 1er trimestre 2020 ». Désormais, si l’on s’en tient aux données du ministère français de l’Économie, la France figure parmi les consommateurs du GNL camerounais.

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