Energie solaire : Vers l’augmentation de la capacité de production au Cameroun

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D’ici 2030, le Cameroun compte augmenter sa capacité de production de 30,6 à 250 MW. Le pays rejoint désormais l’Afrique du Sud, l’Égypte, le Maroc, l’Algérie, le Sénégal, la Namibie, la Tunisie et l’Ouganda dans le club des producteurs africains d’énergie solaire pour la consommation de masse.

Le Cameroun ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, a affirmé le ministre de l’Eau et de l’Énergie (Minee), Gaston Eloundou Essomba, le 22 septembre dernier à Maroua, lors de l’inauguration des centrales solaires de Guider (15 MW) et de Maroua (15 MW) qui ont injecté leurs premiers kWh dans le réseau en février 2022. Il est précisément question de porter la capacité de production de l’énergie solaire du Cameroun à 250 MW à l’horizon 2030, a confié le directeur général d’Eneo, Amine Homan Ludiye.

Selon le Minee, la maturation des projets de centrales solaires sur d’autres sites, déjà identifiés à Garoua, Ngaoundéré, Kousseri et Lagdo, est déjà à un « stade avancé ». Pour l’instant, on n’en sait pas plus. Pour sa part, Eneo annonce qu’« un programme d’hybridation de sept nouvelles centrales isolées (c’est-à-dire dédiées à une localité précise, NDLR) est sur le point d’être lancé ». Débutée en 2018, l’hybridation des centrales thermiques isolées a déjà permis la construction de trois minicentrales solaires à Djoum (0,390 MW), Lomié (0,125 MW) et Garoua-Boulaï (0,110 MW). En plus, selon l’opérateur historique du secteur, deux nouveaux projets à « sont en cours de développement à Guider (15 MW) et à Maroua (10 MW) pour une mise en service dès le début 2025 ».

« On vise la mise en service des parcs jumeaux à ceux de Guider et Maroua en début 2025. D’ici quelques mois, on souhaite finaliser toute la documentation, les problématiques de contrats, de financement… pour pouvoir démarrer début 2024 et avoir finalisé complètement début 2025 », a confié Amine Homan Ludiye, lors d’une visite à la centrale solaire de Guider le 21 septembre dernier. Selon l’ingénieur marocain, ce second projet se fera sur le même schéma que le premier. Il s’agira donc de centrales solaires modulables. Eneo devrait construire les plateformes et les lignes d’évacuation et le producteur indépendant, installer les plaques solaires et les batteries de stockage. Mais, on ignore, pour l’instant, si Eneo travaillera toujours avec Release, la filiale du groupe norvégien Scatec Solar dédiée aux solutions d’énergie solaire modulable, comme sur les premiers parcs.

Selon le concessionnaire exclusif de la distribution de l’électricité au Cameroun, ce schéma offre des flexibilités techniques et contractuelles. Il faut dire que son déploiement est rapide : « Quand des projets similaires sont conduits en moyenne en 5 ans, ici les premiers kWh ont été injectés dans le réseau moins d’un an après le début du projet », fait observer le DG d’Eneo. Le dispositif pouvant être démonté et installé ailleurs en fonction des besoins, il donne la possibilité de se limiter à des engagements à court terme. Selon nos informations, le contrat d’achat d’énergie avec Release est par exemple d’une durée de cinq renouvelable. Ce qui a l’avantage, explique l’électricien, de se désengager une fois que l’infrastructure n’est plus essentielle.

Déjà plus de 12 milliards de FCFA d’économie

« Il y a beaucoup de projets qui sont en cours au Cameroun et qui modifient au fur et à mesure le parc de production (Natchigal, Kikot, interconnexion des réseaux nord et sud, Bini à Warak…). Peut-être que demain, dans 5 ans, dans 10 ans, ce type d’installation ne sera plus autant essentielle qu’aujourd’hui. Et donc, la flexibilité que l’on, a c’est que nous n’avons pas d’engagements qui nous contraignent pendant 25 ans. On a des engagements qui nous permettent de nous désengager quand on le souhaitera », explique Amine Homan Ludiye. Pour l’instant, le solaire permet d’alléger les charges financières du secteur et de réduire la production des gaz à effet de serre.

À titre d’illustration « A ce jour, les deux centrales solaires photovoltaïques de Guider et de Maroua ont déjà injecté environ 45 000 Mégawatts-heures d’énergie électrique dans le Réseau interconnecté Nord, équivalent à une économie réalisée de plus de 12 milliards de FCFA si cette énergie avait été produite à partir des centrales thermiques comme par le passé », a indiqué le Minee. Chez Eneo, on chiffre ces économies à 18,48 milliards de FCFA entre 2021 et 2023, soit une diminution de près de 90% des consommations de combustibles. Et pourtant, pour construire ces centrales solaires, l’entreprise affirme avoir investi plus de 11 milliards de FCFA. Elle doit par ailleurs payer, chaque mois, un loyer de 300 millions de FCFA à son partenaire Release.

Sur le plan environnemental, la mise en service des centrales solaires photovoltaïques de Guider et de Maroua devrait permettre d’éviter la production d’au moins 26 000 tonnes de CO2 chaque année, estiment les experts. Le Minee affirme d’ailleurs que la construction de ces centrales « constitue l’une des actions prévues par notre Contribution déterminée au plan national (CDN) pour la lutte contre les changements climatiques dans laquelle le Cameroun s’est engagé à réduire de 35% à l’horizon 2035 ses émissions des gaz à effet de serre ».

Source : Investir au Cameroun

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