Hydrocarbures : Elvis Berlin Mouafo prépare son entrée dans la distribution pétrolière au Cameroun

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Après la téléphonie mobile, l’homme d’affaires Elvis Berlin Mouafo élargit son champ d’activités aux hydrocarbures. Déjà connu au Cameroun pour ses activités autour de la marque Tecno, il figure parmi les fondateurs d’Elvi Energy SA, une nouvelle société au capital de 100 millions de FCFA, dont l’objet social couvre notamment l’importation, l’exportation et la distribution de produits pétroliers. Une entrée sur ce marché qui reste toutefois conditionnée à l’obtention des agréments réglementaires.

Le parcours entrepreneurial d’Elvis Berlin Mouafo prend une nouvelle orientation. L’homme d’affaires, jusqu’ici principalement associé au secteur de la téléphonie mobile autour de la marque Tecno au Cameroun, prépare une diversification vers le secteur des hydrocarbures. Selon l’acte constitutif consulté par Investir au Cameroun, il a participé à la création, à Yaoundé, d’Elvi Energy SA, une société anonyme avec conseil d’administration destinée notamment à intervenir dans l’importation, l’exportation et la distribution de produits pétroliers.

La création de cette entreprise constitue une première étape administrative. Elle ne signifie cependant pas que la société est déjà opérationnelle sur le marché pétrolier aval. Les activités inscrites dans ses statuts restent soumises aux différents agréments et autorisations prévus par la réglementation camerounaise.

Un capital social de 100 millions de FCFA

Constituée pour une durée de 99 ans, Elvi Energy SA dispose d’un capital social de 100 millions de FCFA. Selon ses statuts, son objet social porte notamment sur « l’import-export des produits pétroliers et la distribution de l’ensemble des produits pétroliers ». Cette formulation ouvre la possibilité d’une intervention sur plusieurs maillons de la chaîne d’approvisionnement, sans toutefois permettre de déterminer avec précision le modèle économique que la société entend mettre en place.

Elvi Energy compte cinq actionnaires, qui siègent également au conseil d’administration. Il s’agit de William Senghor Ndiatie, Elvis Berlin Mouafo, Moubel Gouanat Pedrel, Gilbertine Maffo Ngouanat épouse Mouafo et Anne-Simon Mbang Bembala. Elvis Berlin Mouafo a été désigné président du conseil d’administration, tandis que la direction générale de la société a été confiée à Zakari Yaou Abdoul.

Si les 100 millions de FCFA de capital constituent une première assise financière, ce montant ne permet pas encore de déterminer la dimension réelle du projet. Dans le secteur pétrolier, les besoins financiers peuvent rapidement augmenter en fonction des infrastructures nécessaires, des volumes de produits à importer ou à distribuer, des capacités de stockage et des dispositifs logistiques retenus.

Une activité soumise à agrément

L’un des principaux enjeux pour Elvi Energy sera désormais d’obtenir les autorisations nécessaires avant toute commercialisation de produits pétroliers. Au Cameroun, la distribution des produits pétroliers relève d’une activité réglementée depuis la libéralisation du secteur pétrolier aval, intervenue à la faveur du décret du 13 novembre 2000.

L’obtention d’un agrément impose notamment aux opérateurs de respecter certaines obligations en matière de couverture territoriale. Le ministère de l’Eau et de l’Énergie rappelait encore en janvier 2026 qu’au moins 20 % des stations-service d’un distributeur agréé doivent être implantées en dehors des chefs-lieux de département.

Ainsi, la mention de l’activité de distribution dans les statuts d’Elvi Energy ne constitue pas en elle-même une autorisation d’exercer. Elle ne signifie pas davantage que la société dispose déjà d’un réseau de stations-service, de capacités de stockage ou de contrats d’approvisionnement. L’entreprise devra donc franchir plusieurs étapes réglementaires avant de pouvoir se positionner effectivement sur le marché.

Des exigences techniques et financières importantes

L’entrée dans la distribution pétrolière suppose également de répondre à des exigences techniques, financières et opérationnelles. Un appel à manifestation d’intérêt publié en mars 2026 par le Conseil national des chargeurs illustre notamment le niveau d’exigence attendu des opérateurs souhaitant exploiter des stations-service. Les candidats devaient notamment justifier de leur agrément de distribution, présenter des références techniques et apporter des éléments permettant d’apprécier leur capacité financière.

Pour Elvi Energy, l’enjeu sera donc de transformer le cadre juridique de la société en un dispositif opérationnel capable de répondre à ces différentes exigences. À ce stade, les documents constitutifs ne permettent pas de savoir si la société prévoit de construire ses propres infrastructures, de développer progressivement un réseau de stations-service ou de s’appuyer sur des partenariats avec des opérateurs déjà présents sur le marché.

Un marché déjà fortement structuré

La nouvelle entreprise entend faire ses premiers pas sur un marché où plusieurs opérateurs disposent déjà d’une expérience significative et d’importantes infrastructures logistiques. La distribution des produits pétroliers au Cameroun est notamment animée par des acteurs tels que Tradex, Bocom Petroleum et Neptune Oil, qui disposent de réseaux de distribution et d’une présence établie sur le territoire.

Dans ce contexte, la stratégie qu’adoptera Elvi Energy sera déterminante pour lui permettre de trouver sa place. L’acte constitutif ne renseigne pour l’instant ni sur un calendrier de démarrage des activités, ni sur le montant total des investissements envisagés. Il ne précise pas davantage les objectifs de vente, les volumes d’importation ou la stratégie de développement du réseau.

Autre inconnue : le dispositif d’approvisionnement. La nouvelle société pourrait théoriquement s’approvisionner auprès des circuits existants, procéder à des importations directes ou nouer des accords avec des partenaires disposant déjà des infrastructures et autorisations nécessaires. Les modalités de stockage des produits devront également être précisées.

De la téléphonie aux hydrocarbures

La création d’Elvi Energy marque néanmoins une nouvelle étape dans le parcours entrepreneurial d’Elvis Berlin Mouafo. Principalement identifié jusqu’ici au secteur de la téléphonie mobile, notamment à travers ses activités autour de Tecno au Cameroun, l’homme d’affaires s’engage désormais dans un secteur aux caractéristiques très différentes : plus capitalistique, fortement réglementé et nécessitant des infrastructures lourdes.

Cette diversification intervient dans un environnement où les hydrocarbures continuent d’occuper une place importante dans l’économie camerounaise, notamment à travers la consommation de produits pétroliers, les besoins du transport et de l’industrie ainsi que le développement des infrastructures énergétiques. Pour le nouvel opérateur, le défi sera donc de transformer cette ambition en projet industriel et commercial viable.

Une ambition encore à préciser

La constitution d’Elvi Energy constitue ainsi davantage un point de départ qu’une véritable entrée opérationnelle sur le marché. Avant de commencer à distribuer des carburants, la société devra obtenir les agréments correspondant aux activités envisagées, définir son programme d’investissement et mettre en place les capacités techniques et logistiques nécessaires.

Le montant de son capital social, fixé à 100 millions de FCFA, fournit pour l’instant peu d’éléments permettant d’évaluer l’ampleur du projet. L’importation, le stockage et la distribution de produits pétroliers nécessitent en effet des ressources financières qui peuvent largement dépasser le capital initial, notamment lorsque l’opérateur envisage de développer ses propres infrastructures.

La création d’Elvi Energy traduit donc clairement une volonté de diversification de la part d’Elvis Berlin Mouafo. Reste désormais à savoir quelle stratégie le nouvel opérateur adoptera pour transformer cette initiative juridique en une présence effective dans le secteur pétrolier aval camerounais.

Françoise ESSONO

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