
Les autorités administratives de la région du Centre ont lancé une vaste opération de lutte contre l’exercice illégal de la profession d’opticien à Yaoundé. Menée le 30 juin 2026, cette descente sur le terrain a conduit à la fermeture de près de 50 cabinets d’optique clandestins, accusés d’exercer sans autorisation et de mettre en danger la santé visuelle des populations.
Placée sous la supervision de Simplice Hervé Kengne, Inspecteur général des services régionaux représentant le gouverneur de la région du Centre, l’opération a mobilisé plusieurs administrations, notamment l’Ordre des opticiens du Cameroun, représenté par sa présidente Solange Douanla, la Délégation régionale de la Santé publique ainsi que les services du ministère du Commerce.
Conduite par le Comité régional de lutte contre l’exercice illégal de la profession d’opticien, la contrebande et la contrefaçon en optique, l’opération s’est déroulée dans plusieurs points stratégiques de la capitale. Les équipes ont successivement investi le marché Central, l’avenue Kennedy, les abords de l’Hôpital central de Yaoundé, avant d’étendre leurs contrôles dans les sept arrondissements du département du Mfoundi.
Au cours de cette descente, les autorités ont procédé à la fermeture des établissements jugés illégaux, à la pose de scellés ainsi qu’à la saisie de divers équipements utilisés dans l’exercice clandestin de la profession.
Exercice sans autorisation et pratiques jugées dangereuses
Selon les responsables de l’opération, plusieurs infractions ont été constatées sur le terrain. Les principaux griefs concernent l’absence d’autorisation d’exercer, le défaut de qualification professionnelle ainsi que la manipulation de dispositifs optiques par des personnes ne disposant d’aucune formation reconnue.
Les autorités dénoncent notamment des pratiques consistant à réaliser des examens de la vue, prescrire des verres correcteurs ou commercialiser des équipements optiques sans compétence médicale ou technique. Plus grave encore, certains opérateurs auraient pratiqué des interventions chirurgicales dans des domiciles privés, en dehors de tout cadre réglementaire, exposant les patients à d’importants risques sanitaires.
Pour les autorités, ces pratiques constituent une menace sérieuse pour la santé publique et justifient le renforcement des contrôles.
Assainir la profession et protéger les patients
Cette opération s’inscrit dans une stratégie visant à assainir le secteur de l’optique et à lutter contre la prolifération des cabinets clandestins.
La présidente de l’Ordre des opticiens du Cameroun, Solange Douanla, a indiqué que cette campagne de contrôle se poursuivra afin de mettre fin à l’exercice illégal de la profession et de mieux protéger le capital visuel des populations.
Elle a invité les citoyens à faire preuve de vigilance en vérifiant que les professionnels consultés figurent dans l’annuaire officiel des opticiens du Cameroun et que les cabinets disposent de la signalétique réglementaire attestant de leur reconnaissance.
Des équipements accessibles à partir de 25 000 FCFA
Face aux préoccupations liées au coût des équipements optiques, les responsables du secteur rappellent que le nouveau référentiel tarifaire minimum permet désormais aux bénéficiaires de la Couverture santé universelle d’accéder à un équipement optique à partir de 25 000 FCFA, sous réserve de leur enrôlement dans le dispositif.
Les autorités espèrent que cette mesure contribuera à réduire le recours aux prestataires clandestins, souvent choisis pour des raisons de coût, tout en garantissant aux patients des prestations conformes aux normes professionnelles et sanitaires.
Françoise ESSONO



















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