Sanaga-Maritime : Me Jonathan Nyemb plaide pour une mobilisation de ressources capables d’accélérer la transformation économique

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Par la mobilisation stratégique du capital privé et l’optimisation des vecteurs énergétiques, le département de la Sanaga-Maritime amorce une mutation structurelle. Sous l’impulsion du forum « Invest in Sanaga », les acteurs économiques projettent de transformer ce bassin industriel historique en un hub logistique et énergétique de premier plan pour l’Afrique Centrale.

​​La conférence de restitution tenue le 6 avril 2026 à Douala a marqué une étape décisive dans la formalisation des ambitions de la Sanaga-Maritime. Sous le parrainage de Me Jacques Jonathan Nyemb, fondateur de The Okwelians, l’initiative s’est structurée autour d’un impératif de lisibilité territoriale. Pour Jacques Jonathan Nyemb, il ne s’agit plus seulement d’exposer des richesses naturelles, mais de concevoir une architecture de projets capables de répondre aux exigences des investisseurs internationaux. « Il s’agissait d’une première étape d’un dialogue Etat-secteur privé-société civile. La logique veut que nous puissions associer d’autres expertises dans la réflexion et la mise en œuvre prochaine des projets » a-t-il affirmé.

​Le forum des 27 et 28 mars à Edéa a ainsi jeté les bases d’une collaboration tripartite entre l’État, le secteur privé et la société civile. Cette dynamique repose sur une méthodologie scientifique de développement : l’identification de goulots d’étranglement (manque d’information, informel, déficit de structuration) suivie de la mise en place de dispositifs d’appui technique et financier.

Équation Énergétique : Un Levier Multiplicateur de Croissance

​Au cœur de cette transformation se trouve une variable déterminante notamment la capacité de charge électrique du territoire. La Sanaga-Maritime ne se contente plus de ses acquis historiques que sont les centrales d’Edéa (276,4 MW) et de Song-Loulou (388 MW). Le déploiement des projets de Grand Eweng et de Kikot constitue un changement de paradigme technique.

​D’ici 2030, l’injection de plus de 1 000 MW supplémentaires dans le Réseau Interconnecté Sud (RIS) devrait permettre au département de concentrer près de 30 % de la production nationale d’électricité. Cette concentration d’énergie bon marché est le substrat indispensable à l’électrolyse de l’aluminium (Alucam) et à la mécanisation intensive des filières agro-industrielles telles que le palmier à huile (Socapalm, Safacam) et le manioc.

Structuration des Chaînes de Valeur et Marketing Territorial

​Le passage d’une économie d’extraction à une économie de transformation nécessite une refonte de l’interprofession. L’analyse systémique défendue par la coalition Orca (regroupant notamment The Okwelians, le Remcess, la Cntc et Aivara ) met l’accent sur trois piliers fondamentaux notamment un ajustement du capital humain aux besoins spécifiques des unités industrielles d’Edéa et des futures zones de Missolé ; accompagner les collectivités décentralisées dans la hiérarchisation de leurs priorités pour rendre les projets bancales ; capitaliser sur la position nodale du département, au carrefour des corridors Douala-Yaoundé et Kribi, pour minimiser les coûts transactionnels.

​Un Laboratoire pour le Développement Local

​L’approche expérimentée en Sanaga-Maritime n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans un programme plus vaste incluant les communes de Dzeng, Mbanga, Bandjoun et Méri. L’objectif est de démontrer scientifiquement qu’une meilleure structuration des données territoriales et un accompagnement en marketing de place peuvent drastiquement réduire la perception du risque chez l’investisseur.

​En réconciliant l’expertise juridique, l’ingénierie financière et l’atout énergétique, la Sanaga-Maritime aspire à devenir le moteur d’une économie territoriale durable, capable de générer des emplois stables et de diversifier le tissu industriel camerounais face aux fluctuations des marchés mondiaux.

Jean NDI

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